| Les villages de l’agro-alimentaire au Nord-Vietnam |
| Written by Guiom | |||
Depuis le début des années 1990, de profonds changements structuraux ont conduit à une organisation bien plus complexe de la société où émergent aujourd’hui des systèmes de production et des enjeux régionaux nouveaux : échanges épineux avec le grand voisin du Nord, intégration dans l’ASEAN en 1995, entrée à l’OMC fin 2006… Les douces images d’Epinal s’estompent de jour en jour au profit d’un bouillonnement permanent marqué d’innovations et de turn-over. Dans ce contexte, des défis majeurs restent encore à relever pour le jeune tigre asiatique: l’industrialisation, la reconversion des activités agricoles et la création d’emplois en zone rurale pour limiter un exode massif vers les grands centres urbains… Tous les secteurs économiques sont concernés. De nouvelles filières agricoles se développent pour répondre à des demandes domestique et internationale toujours croissantes, et ce notamment par l’essor d’un tissu industriel rural tout à fait original. Hoai Duc : un cluster agroalimentaire du deltaSitués le long de la rivière Đáy qui relie Hanoi aux provinces montagneuses du Nord, les villages producteurs de vermicelles, de nouilles et d’amidon étaient à l’origine (dans les années 1960) approvisionnés en matières premières (manioc, canna et autres racines et tubercules) par voie fluviale. En 2005, toutes sortes de denrées étaient produites dans les villages de métiers du district de Hoài Đức: 38000 tonnes d’amidon de manioc, de canna et de kudzu, 5900 tonnes de vermicelles de manioc et de canna, 5400 tonnes de vermicelles de riz séchés, 5600 tonnes de sirop de maltose et de sucre de canne et 3500 tonnes de bonbons, de biscuits ou autres confiseries traditionnelles (gâteau à la banane, pâte d’amandes, confiture, pain au gingembre…). Les villages de métiers sont également le lieu d’échanges de produits agricoles non transformés. A Dương Liễu, siège d’un des plus grands marchés de racines de manioc et de canna de la région, on trouve de la canne à sucre, des pommes cannelle ou autres denrées destinées à nourrir la ville de Hà Nội ou les nombreuses communes du delta. Une volonté affichée du gouvernement est que les filières agroalimentaires s’industrialisent fortement. Le développement d’un tissu industriel se basant sur les activités des clusters est un atout. Néanmoins, des limites persistent. Bien souvent, les équipements utilisés pour la production sont fabriqués localement. Des innovations technologiques importantes ont été permises par l’arrivée de l’électricité au début des années 90, dans un souci de réduction de la main d’œuvre et d’augmentation des capacités de production. Toutefois, la plupart des procédés mobilisent de grandes quantités d’énergie et d’eau ; et le traitement des eaux usées reste un défi environnemental de taille pour les transformateurs [3]. Dans certains clusters (menuiserie, céramique), des associations pour la commercialisation des produits ont vu le jour dans les années 2000 pour répondre notamment aux Vietnam. Que deviendront les activités des villages une fois leur intégration dans la nappe urbaine ? Seul l’avenir nous le dira ! A paraître : un guide touristique sur les villages de métiers du delta du fleuve rouge [4]. Références choisies [1] M. Digregorio: Recovery and Re-invention in Vietnamese Craft villages: the case of steel producing village in the Red River Delta. 2006. Hanoi, Vietnam, |
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